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Etude globale du lac de Puydarrieux

Dans la longue liste des études menées ces dernières années par le service technique de la fédération (voir rapport d'activité 2014), il y en a plusieurs qui traitent de l'impact des retenues collinaires sur le milieu. Celle qui concerne le lac de Puydarrieux a été complétée afin d'obtenir une vision plus globale du système, tout en apportant des éléments de réflexion pour une gestion piscicole adaptée.

Le lac de Puydarrieux fait partie des 20 plans d’eau de deuxième catégorie qui sont régulièrement empoissonnés par la Fédération de Pêche. C’est le deuxième en superficie et faisant partie des plus prisés en matière de pêche du Sandre. Son intérêt halieutique est donc très important pour les pêcheurs de carnassiers et sa fréquentation est relativement importante lors des périodes favorables.
Afin de rationaliser la gestion piscicole de ce plan d’eau il apparaissait indispensable d’analyser l’évolution annuelle de la qualité de ses eaux, l’incidence des variations de niveaux et surtout l’impact de ces deux paramètres sur l’évolution des populations piscicoles. De plus il a été décidé d’étendre les investigations aux impacts que pouvait avoir le lac sur les modifications de la qualité des eaux, des peuplements d’invertébrés aquatiques et des populations piscicoles de la rivière Baïsole qui le traverse.

Pour cela plusieurs points ont été analysés entre 2012 et 2014 :

- L'évolution de la qualité des eaux du lac sur un cycle d'un an

- L'impact du lac sur la qualité des eaux de la Baïsole

- L'impact du lac sur les invertébrés aquatiques de la Baïsole

- L'impact du lac sur le peuplement piscicole de la Baïsole

- La reproduction des poissons dans la retenue

- Une enquête pêcheur

- Une opération de marquage de sandres

Le rapport complet est consultable ci-dessous :

Cliquez sur le lien de téléchargement

A savoir que :

- Les investigations se poursuivent. En 2015, la campagne d’échantillonnage des alevins a révélé une très bonne reproduction des gardons et des brochets, stable pour les sandres et carpes, et plutôt moyenne pour les perches contrairement aux autres années, ce qui confirme bien le caractère cyclique des succès reproductifs sur ce type de plan d'eau.

Etude globale du lac de PuydarrieuxEtude globale du lac de Puydarrieux
Etude globale du lac de PuydarrieuxEtude globale du lac de PuydarrieuxEtude globale du lac de Puydarrieux

- L'opération de marquage de sandres en novembre 2013 a été initiée dans le but de confirmer que les alevinages en sandres sur ce plan d'eau ne sont pas nécessaires. En effet, les prises ont été meilleures en 2014 (comparé à l'année de l'enquête pêcheur) avec notamment de nombreuses captures dans la gamme correspondant aux sandres marqués et un seul sandre était marqué. Tout les autres provenaient donc de la reproduction naturelle, confirmant nos attentes.

Etude globale du lac de Puydarrieux

Extrait

" SOLUTIONS POUR ARRIVER A UNE GESTION PATRIMONIALE ET UN DÉVELOPPEMENT OPTIMAL DES POPULATIONS PISCICOLES DU LAC DE PUYDARRIEUX :


Pour permettre un développement optimal des populations piscicoles du lac de Puydarrieux, la meilleure solution est de favoriser un développement d’herbiers terrestres ou de zones humides dans la zone littorale entre la côte 267 m et 271 m pendant la période d’exondation qui s’étale de fin juillet (pour les années nécessitant une irrigation précoce) au 15 février, date impérative de maintien du plan d’eau à la côte 267 m pour les besoins des oiseaux tels que les Grues. Un développement d’herbiers aquatiques semble impossible en raison de la longue période d’exondation des zones comprises entre la berge et 3 à 4 m de profondeur.
Ainsi à partir du 15 février on pourrait faire remonter légèrement le plan d’eau pour qu’il inonde une première bande d’herbiers pour la ponte des brochets qui a lieu en mars, le stabiliser jusqu’à la fin mars puis le refaire monter pendant le mois d’avril afin d’inonder une nouvelle bande d’herbier pour optimiser les reproductions des carpes et des gardons qui ont lieu approximativement en mai et juin.
Pour ce qui est des sandres il faut d’abord observer l’augmentation possible de leur population en rapport avec l’augmentation des espèces fourrages puis créer si nécessaire de nouvelles frayères par apport de galets (5 à 15 cm) sur des superficies de 100 à 200 m2 dans la bande entre les côtes 266 m et 270 m.
Pour les perches une possible diminution des bois morts par pourrissement sera facile à compenser par apport de quelques cimes d’arbres lestées de blocs de béton ou de rochers afin de les stabiliser à des emplacements précis. Il est même souhaitable dès maintenant d’en placer en particulier en rive gauche qui en est totalement dépourvue, ce qui permettrait de diversifier les zones de développement des perches dont les juvéniles servent également de nourriture pour le Brochet et le Sandre. La perche se reproduisant entre fin mars et fin avril, il faudrait donc placer des cimes d’arbres dans la bande entre les côtes 265 m et 268 m.
Si le développement d’herbiers n’est pas possible avec des immersions progressives selon le protocole décris ci-dessus il faudra alors se contenter des populations assez faibles que nous avons actuellement en particulier pour les gardons et surtout les brochets. Il faudra même envisager des alevinages assez réguliers en brochets si on souhaite maintenir pour cette espèce un intérêt halieutique et surtout compenser les fortes fluctuations de reproduction selon les années.
Les propositions exposées ci-dessus sont donc davantage un plan de développement des herbiers terrestres dans la bande exondée entre juillet et février et un plan de gestion des niveaux du plan d’eau en mars et avril qu’un plan de gestion piscicole.
Si cette gestion s’avère techniquement impossible, seul le brochet peut faire l’objet de repeuplements pour maintenir un intérêt halieutique à cette espèce, les autres carnassiers (sandres et perches) se reproduisent plus régulièrement et leur densité s’adaptera à la disponibilité en poissons fourrages (gardonneaux et carpillons). Tout alevinage en carpes s’avère inutile car les géniteurs de cette espèce sont abondants et concernant les gardons un apport de géniteurs ne semble pas judicieux tant que des substrats favorables à leur reproduction ne seront pas plus abondants et disponibles plus régulièrement."

Les prairies de Carex sur les berges exondées, la clef de la réussite. Encore faut-il qu'elles soient ensuite noyées au bon moment.

Les prairies de Carex sur les berges exondées, la clef de la réussite. Encore faut-il qu'elles soient ensuite noyées au bon moment.

Tag(s) : #Gestion, #Etudes

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